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Définitions des produits
CRACK

Le crack est un des produits dérivés de la cocaïne. Il se présente sous forme de « gravier »de couleur blanchâtre que les usagers appellent le caillou. La combustion de ce caillou s’accompagne d’un bruit de craquement d’où sans doute l’origine du nom de crack.

 

De la cocaïne à fumer

Dans les années 80, une nouvelle pratique voit le jour aux USA : l’inhalation de cocaïne-base. Il s’agit de l’alcaloïde libéré de son sel, mieux connu sous le nom de free-base ou base-libre.

Sous cette forme, la substance peut-être fumée avec l’avantage d’effets plus rapides et plus intenses par rapport au snif de chlorhydrate de cocaïne. Ce mode de consommation se répand rapidement, mais des accidents apparaissent. En effet, on utilise de l’éther dans le mode de fabrication, ce qui entraîne le risque de brûlures graves voire d’explosion. C’est pour ces raisons qu’une méthode plus sûre est mise au point : en faisant réagir du bicarbonate de soude ou de l’ammoniaque sur du chlorhydrate de cocaïne on obtient un composé stable, fumable, c’est le crack. Rapidement le nouveau produit se répand dans les ghettos noirs aux USA, puis dans les îles Caraïbes. Enfin, en 1988 le crack apparaît en France dans certains quartiers de la capitale ; le commerce et la consommation concernent presque exclusivement la communauté antillaise.

 

L’usage du crack

Le coût est faible : moins de 10 euros pour un caillou de crack. Il peut se fumer mélangé à du tabac ou de la marijuana (black joint), le plus souvent il est consommé pur. La pipe en verre reste l’accessoire caractéristique du fumeur de crack, mais certains préfèrent un ustensile plus « artisanal »: c’est la canette de boisson dont une partie a été percée de multiples trous et qui fonctionne alors comme une pipe.

Après avoir été fragmenté, le caillou de crack est placé dans la pipe, puis chauffé. Les premières vapeurs se dégagent, aussitôt inhalées par l’usager.

Les premiers effets apparaissent en quelques secondes, la concentration plasmatique étant rapidement très élevée. Cette fulgurance d’action du crack est liée à son mode de consommation : les vapeurs inhalées gagnent les alvéoles pulmonaires, transitent par le cœur et atteignent directement le cerveau. Le système vasculaire veineux étant ainsi court-circuité, l’action est nettement plus rapide que lors d’une injection intraveineuse.

La brièveté des effets est aussi une des caractéristiques du crack. Ils ne durent que quelques minutes (une dizaine au maximum). Le sujet éprouve l’envie compulsive de recommencer. C’est le craving du cracker, peut-être encore plus violent et insatiable que pour la cocaïne.

Une forte dépendance apparaît très rapidement.

 

Risques et dangers

Ce sont ceux de la cocaïne, poussés à leurs paroxysmes tant sur le plan somatique que psychique.

On notera toutefois quelques spécificités : abcès et brûlures des lèvres liés à l’usage de la pipe, et enfin un syndrome pulmonaire appelé poumon à crack (crack lung) se manifestant par une dyspnée importante, des douleurs violentes et parfois une hémorragie intra-alvéolaire pouvant engager le pronostic vital.

 

Le cracker dans la société

Les consommateurs habituels de crack constituent une population relativement bien ciblée : travailleurs du « sexe », marginaux, squatters en errance, polytoxicomanes plus ou moins pris en charge. Ils sont souvent originaires d’Afrique, des Antilles ou de la Guyanne. L’âge moyen du cracker serait autour de 30 ans avec une forte prédominance masculine  (+ 65 %).

L’usage du crack est aggravé par des conditions de vie particulièrement précaires : vie de rue, malnutrition, amaigrissement, pathologies somatiques multiples, séropositivité(s) VIH, VHB, VHC le plus souvent non traité(s), isolement social et relationnel.

De plus, troubles neurologiques et psychiatriques sont fréquents. Ils peuvent se manifester par des actes délictueux ou des comportements auto-agressifs (mutilation) ou hétéro-agressifs d’une grande violence.

 

CONCLUSION

Bien que peu coûteux, le crack n’a pas une image positive dans la population toxicomane. Cependant les effets étant relativement courts les crackeurs consomment beaucoup et leur drogue finit par leur revenir cher. La déchéance physique, psychique et sociale rapide en ont limité son usage à des groupes bien définis. Toutefois, certains jeunes consommateurs de cocaïne expérimenteraient le crack en le fabriquant eux-mêmes, peut-être poussés par la curiosité de connaître la brutalité des effets du crack.


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