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Définitions des produits
Médicaments psychoactifs

 

DEFINITION ET PRESENTATION :

 

Un médicament psychoactif (ayant une action sur le cerveau) permet d'atténuer ou de faire disparaître une souffrance psychique (anxiété, dépression, troubles délirants…). On distingue principalement 4 grandes classes de médicaments : les hypnotiques (somnifères et sédatifs), les anxiolytiques (tranquillisants), les antidépresseurs et les neuroleptiques (notamment les antipsychotiques).

            Il doit être prescrit par un médecin après examen et évaluation clinique. Beaucoup de demandes de traitements de ce type émanent de personnes ayant à faire face à des troubles provoqués par les difficultés de la vie quotidienne. On peut citer par exemple les personnes âgées confrontées à la solitude, les personnes soumises à une surcharge de responsabilités, celles exposées au stress ou à un événement éprouvant. Les troubles du sommeil sont un motif fréquent de prescription de médicaments psychotropes.

            La France est le pays européen le plus consommateur de ce type de médicaments et cela reste un problème préoccupant de santé publique. Il est difficile de savoir si cette consommation traduit l'évolution des pathologies mentales ou, au contraire, si elle n'est que le baromètre d'une situation sociale en crise.

 

 

EFFETS ET DANGERS DES MEDICAMENTS PSYCHOACTIFS :

 

            Les effets des médicaments psychoactifs diffèrent selon leur composition chimique, les doses administrées et la sensibilité individuelle de chaque individu. Associer les médicaments à d'autres substances psychoactives comporte des dangers, d'autant que certaines interactions sont méconnues médicalement. Le mélange avec l'alcool, par exemple, potentialise ou annule les effets des substances absorbées.

            Les effets d'un médicament psychoactif diffèrent selon la catégorie à laquelle il appartient (cf. 4 grandes classes citées au 1er chapitre) :

Þ les anxiolytiques diminuent l'angoisse et les manifestations anxieuses (tension musculaire, insomnie, tachycardie, oppression au niveau du thorax…) Ils sont indiqués pour répondre à un état d'anxiété. Cependant, tout état de ce type ne nécessite pas systématiquement une prescription de ces médicaments. Les tranquillisants les plus prescrits appartiennent à la famille des benzodiazépines, connues pour le risque de dépendance qu'elles entraînent (cf. paragraphe cas particulier des benzodiazépines). Ils sont parfois utilisés de façon toxicomaniaque, à doses massives ou en association à d'autres produits.

Þ les somnifères ou hypnotiques sont destinés à provoquer et/ou maintenir le sommeil. De ce fait, ils peuvent diminuer la vigilance. Dans certains cas, ils peuvent donc être contre indiqués avec une activité professionnelle ou la conduite par exemple.

Þ les antidépresseurs sont prescrits dans le traitement des dépressions dont les symptômes sont principalement la tristesse, une diminution marquée de l'intérêt ou du plaisir de vivre, des troubles du sommeil, des troubles des conduites alimentaires, une sensation de fatigue ou une perte d'énergie, un sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive, une diminution de l'aptitude à penser  et à se concentrer. Les antidépresseurs peuvent entraîner des effets indésirables tels que perte de la vigilance, somnolence ou excitation. Ces médicaments doivent être réservés aux dépressions diagnostiquées par un médecin et ne peuvent pas être instaurés pour de "simples" difficultés passagères. Il n'y a pas de réel risque de dépendance physique. Cependant, la diminution de la posologie doit être progressive pour éviter les symptômes  comme des nausées ou des sensations de vertiges en cas d'arrêt brutal.

Þ les neuroleptiques sont utilisés notamment pour le traitement des psychoses (maladies mentales qui affectent les comportements, le rapport à la  réalité et dont le malade ne reconnaît pas le caractère pathologique). Dans le traitement de ces maladies au long court, la prise en charge psychologique et sociale de l'individu doit être associée au traitement médicamenteux. Comme pour tout traitement médical, son interruption est particulièrement déconseillée sans avis d'un médecin. Les neuroleptiques sont, pour leur part, peu utilisés à des fins toxicomaniaques.

 

Cas particulier des benzodiazépines :

Þ Anxiolytiques, elles sont prescrites pour leurs qualités sédatives, anti-épileptiques et myorelaxantes. Elles peuvent entraîner des pertes de mémoire des faits récents, une baisse de la vigilance, des somnolences, une diminution des réflexes… Ces troubles rendent dangereuse la conduite d'un véhicule ou l'utilisation de machine.

Þ Certaines benzodiazépines ont des effets paradoxaux désinhibiteurs pouvant mener à des actes incontrôlés. La prise d'alcool au cours du traitement est nocive car elle potentialise l'effet sédatif du médicament.

Þ L'association benzodiazépines-traitements de substitution aux opiacés (buprénorphine (subutexâ) ou chlorhydrate de méthadone) expose au risque de dépression respiratoire pouvant aller jusqu'au décès.

Þ Les benzodiazépines peuvent entraîner une dépendance physique et psychique forte, favorisée par la durée du traitement, la dose administrée, les antécédents d'autres dépendances et l'association à l'alcool. Cette dépendance se traduit, à l'arrêt brutal du traitement, par un phénomène de sevrage dont les principaux symptômes de manque sont l'insomnie, les douleurs musculaires, l'anxiété, l'irritabilité et l'agitation. L'arrêt progressif permet d'éviter ces troubles.

 

 

MEDICAMENTS PSYCHOACTIFS ET TOXICOMANIE :

 

         On peut distinguer 3 types de toxicomanies médicamenteuses :

Þ Une escalade médicamenteuse à l'insu du patient. Prescrits dans le cadre légal, cette escalade s'installe face à la persistance des souffrances ou à l'apparition de symptômes nouveaux. Dans la recherche de mieux être et de soulagement, l'individu n'a alors ni l'intention ni le sentiment de se "droguer" malgré l'augmentation des prises ou des dosages. Il aura alors du mal à supporter que le médecin supprime ou modifie un ou plusieurs produits. Il continue donc à consommer de façon rituelle des quantités considérables de médicaments. Dans cette conduite, il est alors difficile de faire la part de la dépendance (physique et/ou psychique), de la crainte du symptôme ou du désir de médicament. S’ajoute à cela la notion de tolérance. Le corps s’habitue à un dosage et pour ressentir le même effet, il faut augmenter la posologie ou réduire le temps entre les prises.

Þ Une surconsommation volontaire qui concerne notamment les morphiniques, les barbituriques ou les benzodiazépines. La vie de l'usager est alors centrée sur sa consommation, avec alternance entre consommation contrôlée et prise excessive. Les effets recherchés peuvent être l'oubli des difficultés, le sommeil, le soulagement de l'anxiété, la sensation voluptueuse ou le plaisir d'évoluer dans un "état second".

Þ La consommation médicamenteuse chez un toxicomane à l'héroïne ou à la cocaïne. Les médicaments psychoactifs viennent apporter des sensations nouvelles ou moduler les effets sédatifs ou excitants des produits consommés en 1ère intention. L'association avec l'alcool est fréquente dans le cadre de ces polytoxicomanies.

 

 

QUELQUES CONSEILS :

 

            Þ Les tranquillisants et somnifères peuvent être prescrits pour de courtes durées sans conséquences pour la santé mais ces prescriptions doivent être systématiquement réévaluées.

            Þ Les médicaments psychoactifs ne doivent pas être réutilisés sans avis médical et ne conviennent pas à une autre personne : une prescription est individuelle et personnelle. Il convient de ne pas avoir recours à l'automédication.

            Þ Le patient doit se conformer strictement à l'ordonnance et aux conseils du médecin prescripteur.

            Þ Un état anxieux ne nécessite pas systématiquement une prescription de tranquillisants ( anxiolytiques). Le médecin saura différencier une pathologie ou des difficultés passagères de la vie quotidienne. Il proposera alors des solutions adaptées telles que relaxation, contrôle de la respiration, acupuncture, phytothérapie ou sport par exemple.

 

BA

 

 

 

 

Références bibliographiques :

 

·        «  les drogues », Nicole MAESTRACCI, Que sais-je ?, Presse Universitaire de France, Paris, 2005. 

·        « Prises en charges des usagers de drogues », Lionel GIBIER, Collection conduites, Edition Doin, Paris, 2002.

·        « Drogues et dépendances »,2ème édition, INPES et MILDT, éditions INPES, Paris, 2007

 


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