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Alcool

HISTORIQUE ET ORIGINE :

 

Rituelles, sacrées ou festives, les consommations d'alcool remontent à l'antiquité. Pendant très longtemps, l'alcool a également été utilisé comme remède : il servait par exemple d'anesthésiant pour soulager les souffrances pendant les campagnes napoléoniennes. C'est au 18ème siècle que l'on commence à évoquer les problèmes liés à la consommation excessive d'alcool. On parle d'ivrognerie puis d'alcoolisme chronique, terme employé pour la 1ère fois en 1849 par un médecin suédois, M. HUSS. Après la première guerre mondiale, on met en garde contre la consommation de boissons distillées (alcool fort), mais on préconise, dès le plus jeune âge, la consommation de vin. Cette attitude semblait dictée par l'ignorance des dangers de l'alcool à cette époque et, accessoirement, permettait de trouver des débouchés à la production massive des années 1920. C'est après la 2ème guerre mondiale que le vin est pris en compte dans la politique de prévention. Des lois l'interdisent dans les cantines, prohibent la publicité et la vente d'alcool dans les stades. A la fin des années 60, apparaissent les campagnes gouvernementales, mettant en avant les risques sanitaires et sociaux d'une consommation excessive d'alcool.

 

            L'alcool (ou éthanol) est un des plus anciens produits psychoactifs. Il est obtenu par :

· la fermentation de végétaux riches en sucre comme la pomme (cidre), le houblon (bière) ou le raisin (vin)

· la distillation de malt (whisky), de pomme de terre ou de blé (vodka) ou de raisin (cognac).

 

 

EFFETS ET DANGERS DE L'ALCOOL :

 

 

            L'alcool n'est pas digéré : il passe directement du tube digestif aux vaisseaux sanguins. En quelques minutes, le sang le transporte dans toutes les cellules de l'organisme, y compris les alvéoles pulmonaires, ce qui explique que l'on puisse doser l'alcool dans l'air expiré.

 

            Les effets de l'alcool : Elle provoque détente et désinhibition. Les effets se décomposent en 2 phases : une phase d'euphorie et d'excitation suivie d'une phase de sédation et d'endormissement.

 

            Les risques immédiats : A forte dose, l'alcool entraîne un état d'ivresse et peut provoquer des troubles du tube digestif, des nausées, des vomissements… et peut aller jusqu’au coma éthylique mortel.

Boire une grande quantité d'alcool en peu de temps provoque une montée importante du taux d'alcoolémie, qui diminue ensuite en fonction de la quantité ingérée. On considère qu'il faut en moyenne 1 heure pour 0.10g d'alcool dans le sang (soit un verre d'alcool), en excluant l'heure qui suit le dernier verre bu. Si on boit sans manger, l'alcool passe plus rapidement dans le sang et ses effets sont plus importants : à jeun, la concentration d'alcool dans le sang est maximale en 45 minutes, au cour d'un repas, en 1h30. De plus, nous sommes tous inégaux face à l'alcool, chacun réagissant différemment selon sa corpulence, son état de santé physique et psychique, que l'on soit un homme ou une femme et le contexte du moment de la consommation.

 

            Les risques majeurs liés à une consommation aiguë d'alcool sont :

· la diminution de la vigilance, souvent responsable d'accidents de la circulation ou du travail.

· la perte du contrôle de soi à type de comportements violents, passages à l'acte, agressions sexuelles, suicide, homicide…

· l'exposition à des agressions du fait d'attitudes parfois provocatrices (désinhibition) ou de l'incapacité de pouvoir se défendre.

· le coma éthylique qui peut être mortel.

· l’ivresse pathologique.

 

            Les risques à plus long terme : La consommation régulière quand elle est excessive (ou supérieure à 2 ou 3 verres par jour), augmente le risque de nombreuses pathologies :

· cancers, notamment de la gorge, de la bouche, de l'œsophage…

· maladies du foie (hépatite, cirrhose…) et du pancréas (pancréatite…)

· troubles cardiovasculaires, hypertension artérielle

· maladies du système nerveux (tremblements, polynévrites…) pouvant aller jusqu’à la démence.

· troubles psychiques (anxiété, dépression, troubles du comportement…)

 

            La dépendance : On parle de dépendance lorsque la personne est devenue incapable de s'arrêter ou de réduire sa consommation malgré l'apparition ou la persistance de dommages somatiques. On peut ici reprendre tous les symptômes précédemment cités. Cette dépendance s'accompagne souvent de difficultés majeures d'ordre relationnel (violence intra ou extra familiale), social (séparation, divorce, effritement du tissu social), professionnel (perte de l'emploi), sanitaire et judiciaire (conduite sous l'empire d'un état alcoolique).

 

            Quelques repères : 1 verre d’alcool standard vaut 10 grammes d’alcool pur. On entend par la notion de verre standard une dose d’alcool servie dans un bar. Par exemple :

1 verre de whisky de 3 cl = 1 verre de boisson anisé de 3 cl = 1 verre de vin de 10 cl = 1 verre de bière de 25 cl…. = 10 g d’alcool.

            Contrairement aux idées reçues, il n’y a donc pas plus d’alcool dans un verre de whisky (3 cl à 40°) que dans un verre de bière (25 cl à ± 8°).

 

 

ALCOOL ET GROSSESSE : LES DANGERS :

 

 

            Les dernières études montrent qu’une consommation d’alcool occasionnelle et faible pendant la grossesse peut avoir des conséquences pour le futur bébé. En effet, le placenta ne joue pas son rôle de filtre et l’alcool circulant dans le sang de la mère va alors circuler dans celui du bébé. On retrouvera donc le même taux d’alcoolémie chez le fœtus que chez la mère.

 

Þ Une faible consommation quotidienne ou des ivresses épisodiques peuvent entraîner des complications durant la grossesse (retard de croissance, prématurité….) ainsi que des atteintes du futur bébé telles que des troubles des fonctions cognitives (troubles définitifs de la mémoire, de l’apprentissage, de l’attention…).

 

Þ Une consommation quotidienne importante peut entraîner des troubles graves chez l’enfant à naître. Le syndrome d’alcoolisation fœtale est l‘atteinte la plus grave de l’exposition prénatale à l’alcool. Les conséquences sur le futur enfant peuvent être : des anomalies de la croissance, des anomalies faciales, des dommages du système nerveux central susceptibles d’entraîner des déficits fonctionnels tels que retard mental ou hyperactivité par exemple.

 

 

QUE DIT LA LOI ? :

 

 

            La loi Evin du 10.01.1991 vient réglementer la production, la vente et l’usage d’alcool. Est interdit :

* la publicité pour des boissons alcoolisées dans la presse pour la jeunesse…

* la distribution aux mineurs de documents ou objets vantant les mérites de boissons alcoolisées…

* la vente, la distribution et l’introduction de boissons alcoolisées dans tous les établissements d’activités physiques et sportives (sauf dérogation)…

 

            Une modification est prévue visant à interdire la vente d’alcool aux mineurs.

 

ALCOOL ET SECURITE ROUTIERE :

 

 

            Des contrôles d’ alcoolémie sont possibles en cas d’infraction constatée au code de la route, sur requête du Procureur de la République ou à l’initiative d’un Officier de Police Judiciaire.

 

Þ Le taux légal d’alcoolémie maximale est fixé à 0.5 gramme d’alcool par litre de sang (prise de sang) et 0.25 milligramme par litre d’air expiré (éthylomètre). Il existe un cas particulier pour les conducteurs de véhicules de transport en commun (0.2 g au lieu de 0.5g par litre de sang.

 

Þ Au delà du seuil légal, la gravité des sanctions varie en fonction du degré d’alcoolémie :

            · Entre 0.5 et 0.8 gramme d’alcool par litre de sang :

-         perte de 6 points sur le permis de conduire         

-         amende de 135 euros.

 

            · Au delà de 0.8 gramme d’alcool par litre de sang, la sanction maximale peut être de :

-         amende de 4500 euros

-         retrait de 6 points sur le permis de conduire

-         2 ans d’emprisonnement

-         annulation du permis de conduire si récidive

-         selon les cas, obligation de soins ou travaux d’intérêt généraux.

 

            · Accident de la route sous l’emprise de l’alcool :

-         amende de 30000 euros en cas de blessures graves

-         si accident mortel pour un tiers : jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150000 euros d’amende.

 

Selon les statistiques de la sécurité routière, l’alcool serait responsable d’1/3 des accidents de la route. (Etude « Stupéfiants et Accidents Mortelles », 2001-2003)


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