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CHAMPIGNONS HALLUCINOGENES
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Les champignons hallucinogènes

 

 

 

 

 

Utilisés depuis l'aube de l’humanité, les champignons hallucinogènes sont étroitement liés à des pratiques divinatoires, thérapeutiques ou religieuses chez divers peuples, notamment sur le continent sud-américain.

Consommés par le chaman selon des rituels bien codifiés : uniquement la nuit (l’usage de jour générerait la folie), toujours par paire (symbole de l'homme et de la femme) et associés à des chants, psalmodies    et   invocations   d'esprit,   les champignons hallucinogènes sont un moyen de modifier l'état de conscience et d'avoir accès à une dimension surnaturelle voire divine.

 

En Europe et notamment en France, plusieurs espèces de champignons peuvent être qualifiées d'hallucinogènes : Conocybe, gymnophilus, Panaeolus, strophaire et psilocybe.

Dans la pratique, le psilocybe semilanceata, l'amanita muscaria (amanite tue-mouche) et amanita panthérina (amanite panthère) semblent avoir la préférence des usagers. Ces deux amanites semblent toutefois peu consommées, leur dénomination « amanite », comme la mortelle amanite phalloïde, a peut être généré plus de craintes que d'intérêts pour cette catégorie de champignons.

Il s'agit pourtant de champignons ayant des propriétés psychotropes importantes dont l'usage existe depuis le moyen âge dans le cadre de pratiques de sorcellerie. Leur consommation entraîne des troubles neuro- psychiques dus à la présence de muscimol et d'acide iboténique, et se manifeste par une excitation, des tremblements, des crampes et une agitation pseudo-ébrieuse suivie d’hallucinations. Enfin, des troubles gastro-intestinaux importants sont à redouter.

Actuellement, la famille des psilocybes, riche de 144 espèces dont plus de 80 sont hallucinogènes, est la plus appréciée. En France, 6 variétés peuvent se rencontrer, en particulier « psilocybe semilanceata », espèce la plus commune et la plus recherchée.

Ce petit champignon appelé « psilo », « liberty cap », ou encore « champignon magique » (magic mushroom) se trouve à l'état naturel dans les herbes des pâturages où ont séjourné des troupeaux (ovins, bovins), voire sur les pelouses de jardins publics ou d'immeubles à l’automne.

Il présente un chapeau en forme de cloche de couleur brun brillant dont la surface est assez collante. Il possède des lamelles de couleur brun-olivâtre, dont les spores vont du brun foncé au pourpre. Le pied est fin, d'un diamètre variant de 0,75 à 2,5 cm. La hauteur totale est de 4 à 10 centimètres .Enfin si on le touche, la zone où a eu lieu le contact devient bleue, signalant ainsi la présence de psilocine et de psilocybine, les deux substances responsables des phénomènes hallucinatoires.

La psilocybine est le principal ingrédient actif de ce champignon. La psilocine, un autre alcaloïde, étant présente aussi, mais en plus petite quantité. Ces deux substances sont des dérivés indoliques de structure proche de la sérotonine avec une grande affinité pour certains récepteurs (5-HT2) expliquant ainsi les effets psychodysleptiques puissants, proches de ceux induits par le LSD.

Le « psilo » constitue une drogue bon marché, facilement accessible.

Généralement cueilli par l'usager pour sa propre consommation, il est difficile de se faire une idée précise de sa valeur marchande, le « deal » de psilocybes étant peu répandu. Quelques euros pour une poignée de « psilos » semble réaliste.

Les champignons sont généralement consommés frais ou secs, avalés tel quel ou bien sous forme d'infusion : « la tisane de psilos ». Une autre pratique consisterait à réduire les champignons en poudre, après séchage, et à les fumer associés ou non à du cannabis .Ce dernier mode d'utilisation semble toutefois très peu répandu.

Ingérés directement sur le lieu de ramassage, le plus souvent en groupe, les psilocybes commencent à apparaître dans le cadre festif (soirée entre amis) mais aussi dans les manifestations de plus grande envergure comme dans les raves-party.

Les quantités moyennes utilisées vont de quelques champignons à une quinzaine.

La puissance des effets produits n’est pas directement liée à la taille du champignon et au nombre avalé. Un « psilo » de petite taille peut être très riche en principes actifs et un spécimen de grande dimension, même pris en grande quantité entraîner peu d’effets. Dans la pratique, beaucoup d'usagers commencent par quelques champignons, et ajustent la quantité en fonction des résultats produits et des sensations recherchées.

Les effets produits évoluent en deux phases :

- La première phase débute 20 à 30 minutes après la prise et se manifeste par des hallucinations visuelles apparaissant surtout quand le sujet ferme ou cligne des yeux, des hallucinations auditives et tactiles pouvant être accompagnées de troubles digestifs à type de nausées et de vomissements.

- Dans un deuxième temps, il apparaît une désinhibition pouvant se manifester par des rires ou des réactions violentes, une désorientation temporo-spatiale, une sensation de légèreté ou à l'inverse de pesanteur corporelle pouvant donner lieu à des vertiges et à des troubles de l'équilibre avec un fort risque de chute .Ces multiples effets peuvent durer de 4 à 6 heures.

Sur le plan somatique, l'action de ce type de champignon se manifeste par : une augmentation du diamètre de la pupille, une tachycardie accompagnée d'une hypertension artérielle, une élévation de la température corporelle et une hyperglycémie .Enfin, des nausées et vomissements importants peuvent exposer l’usager à des risques multiples (déshydratation, inhalation...). Sur le plan psychique, l'expérience des champignons hallucinogènes peut être ressentie de façon positive ou négative. Du « good- trip » où les sensations visuelles sont vécues agréablement par le sujet, au « bad-trip » où les phénomènes hallucinatoires sont générateurs de mal-être, et à la limite de terreur (horror-trip), l'éventail des réactions est assez vaste.

Selon la personnalité du sujet, sa fragilité, son état psychologique du moment, la consommation de « psilos » peut induire divers symptômes :  une anxiété pouvant aller jusqu'à l'attaque de panique,  un syndrome dépressif plus ou moins sévère et des réactions violentes ou suicidaires pouvant avoir de graves conséquences (automutilation, défenestration ...). Enfin, des troubles psychiatriques proche de la psychose peuvent apparaître : dépersonnalisation, incapacité à distinguer l'illusion de la réalité, troubles de l'humeur, impression d'étrangeté et de bizarrerie du monde extérieur, idées délirantes et épisodes d'hallucinations récurrentes (phénomène de flash-back).

Lié au départ à des pratiques mystiques, l'image des champignons hallucinogènes a évolué. Facile d’accès, peu coûteux, l'usage s'est répandu auprès des jeunes, aidé en cela par l'aspect «naturel » du produit.

La question d'une dépendance psychologique est posée. Le refus de la réalité et le refuge dans un monde imaginaire peuvent inciter à un usage chronique avec des risques de troubles de la mémoire et une altération de la personnalité pouvant évoluer en troubles graves.

Bien qu’aucun décès par surdosage n'ait été signalé avec les champignons de ce type, la confusion engendrée par l’usage de cette drogue peut être la cause d'accidents mortels (chutes, accidents de la route, prises de risques inconsidérés).

 


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